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Le projet de loi sur clarté du processus
référandaire est en difficulté au Sénat Le Devoir Manon Cornelier "M. Dion na pas encore offert de réplique aux doutes et critiques des sénateurs, en particulier ceux soulevés par le sénateur libéral Serge Joyal et lindépendant Michael Pitfield. Le ministre a indiqué, immédiatement après leurs discours, quil réservait ses commentaires pour le comité sénatorial. Il sest préparé en conséquence, promettant un exposé touffu dune quinzaine de pages comme introduction à sa comparution de deux heures et demie Les critiques des sénateurs sont diverses mais celles de M. Joyal ont particulièrement attiré lattention. Il a soutenu que projet c-20 allait à lencontre de principes constitutionnels non écrits mais évidents, comme lindivisibilité du territoire canadien. A son avis, lobligation de la Couronne de protéger lintégrité du territoire ne peut être levée que par le peuple est ce, au moyen dun référendum national. De plus, comme M. Pitfield et plusieurs autres sénateurs, il estime contraire à la constitution de tenir le Sénat à lécart de la décision sur la clarté de la question et de résultat. Michael Pitfield est allé jusque a dire que, pour cette raison, le projet C-20 devrait être soumis à lexamen des tribunaux. Selon M. Joyal, le ministre devra répondre à des questions qui ne lui ont pas encore été posées, es particulier « le doute fondamental que nos avons au sujet de la faiblesse constitutionnelle du projet du loi ». « Une question fondamentale quon doit se poser avant toute chose sur un projet de loi est de savoir si le projet de loi résisterait au test des tribunaux. ( )La constitutionnel canadien », a-t-il indiqué en entrevue. IL cite le silence du projet de loi sur lexpression de volonté démocratique des Canadiens, la garantie de statut des minorités linguistiques et autochtones et, enfin, lindivisibilité et lintégrité territoriale du Canada Le ministre convient lui-même quil devra répondra à des préoccupations contradictoires. Nombreux sont les sénateurs, ta libéraux que conservateurs, qui partagent lavis de MM. Joyal et Pitfield sur le rôle du Sénat Le gouvernement a, comme aux Communes, préféré confier létude du projet de loi à un comité spécial plutôt quà un comité permanent du Sénat. Peu importe, les règles de la Chambre haute permettent à tous les sénateurs dintervenir devant un comité. Les membres les plus critiques de comité des Affaires juridique et constitutionnelles qui ont été tenus à lécart du comité spécial promettent dêtre présent. Cest le cas des libéraux Serge Joyal et Anne Cools Chose certaines, le Sénat a affiché son indépendance dans ce dossier et nentend pas se laisser dicter sa ligne de conduite par le gouvernement. Le débat en deuxième lecture sest étalé sur une période de plus de deux mois. Le vote en deuxième lecture a été serré. Une douzaine de sénateurs libéraux étaient absents pendant que 38 autres libéraux votaient pour, 29 conservateurs et un indépendant, Marcel PrudHomme, votaient contre et sept sabstenaient. Parmi ces sept, on comptait cinq libéraux. Au comité, les sénateurs sont conscients des échéanciers du gouvernement mais pas au point de «bâcler le travail », souligne M. Joyal. Le premier ministre Chrétien pourrait être obligé de combler les cinq postes sénatoriaux actuellement vacant pour sévite tout mauvaise surprise en troisième lecture. En effet, certain sénateurs, comme M. Joyal, ont voté en faveur du principe du projet de loi mais souhaitent des amendements. Serge Joyal promet toujours den introduire à létape de la troisième lecture. On ignore ce quils feront en troisième lecture sils nont pas gain de cause. Aux Communes, ce fut un tout autre scénario. Le gouvernement a imposé bâillon et guillotine à toutes les étapes de la procédure. En comité, le personnel de M. Dion était installé à une table avec une masse de documents dans lesquels étaie colligées les déclarations antérieures des témoins. Les employés sen servaient pour informer les députés et, surtout, pour leur écrire leurs question. Presque chaque fois, les députés, dociles, se pliaient au jeu, certains lisant même le texte qui les était fourni. Quand on demande aux sénateurs sil vont faire de même, ils répondent par un silence entendu ou un rire sarcastique. " |